3 juin, 2014

Le PaaS se réinvente pour trouver sa place dans l’économie Cloud


Puteaux, le 03 juin 2014 - Selon un dicton bien connu dans le monde des affaires — et que ne manquent pas de répéter les plus sceptiques face au changement —, « on ne remplace pas un pneu quand la voiture roule ». Pourtant, toutes les transformations informatiques ont jamais imaginées ont été effectuées sur une voiture qui roulait. Car la « voiture » est toujours en  train  de  rouler,  ou  du  moins  elle  devrait.  Si  ce  n’est pas  le  cas,  c’est  que  l’entreprise  va  mal.  Dans  le  secteur informatique, les nouveaux paradigmes sont soumis à ce type de défi, au premier rang — et c’est notamment le cas de la récente évolution que constituent le Cloud Computing et les « plates-formes as-a-service », dites PaaS.

PaaS, une révolution en construction

En  deux  mots,  une  plateforme  PaaS  est  une  plateforme logicielle complète (infrastructure, serveurs d’applications, outils  de  développement,  bases  de  données  et  stockage) qui  est  disponible  sur  Internet.  C’est  une  des  révolutions provoquées  par  le  virage  de  la  technologie  informatique vers le Cloud Computing. Alors que l’IaaS (Infrastructure-as-  a-Service)  met  le  socle  du  Cloud  Computing  à  la disposition de professionnels capables de construire leur propre plate-forme, le PaaS fournit, sous forme de services, des  modèles  de  technologie  middleware  complexes.  En règle générale, le PaaS autorise l’accès en libre-service aux ressources, ainsi que leur auto-provisionnement, dans les architectures Cloud. À l’aide d’un navigateur Internet, un utilisateur peut basculer vers une  plate-forme  Cloud  entièrement  configurée  sans  être obligé d’installer et de configurer de nouvelles machines, ni d’installer des logiciels.

Les bonnes pratiques sont encore en constante évolution,  mais  trois  grands  axes  se  dégagent  de  cette brève  étude : équilibre,  utilisateurs  et  alignement. Avec  le PaaS, il est tentant de prendre des raccourcis et de lancer des applications sans tenir compte des aspects importants liés à la sécurité et aux performances. Il convient d’atteindre un équilibre entre les besoins de vitesse, de planification raisonnable et  de  contrôle.  De  nombreux  outils  logiciels  sont  disponibles pour  coordonner  et  contrôler  le  processus  de  développement de solutions PaaS. Le succès d’une plateforme PaaS est également une question d’organisation, dans la mesure où la technologie réunit les différents intervenants au sein de cycles de développement rapides.  Cependant,  la  technologie  ne  peut  à  elle  seule susciter le degré de collaboration qui fera du PaaS un mode de développement  de  logiciels  efficace.  Les  meilleures  pratiques doivent tenir compte de l’aspect humain. Enfin,  les  pratiques  PaaS  offriront de  meilleurs  résultats  en favorisant  l’alignement  entre  les  différentes  priorités  des activités  «  métiers  »  et  «  ressources  informatiques  »  de l’entreprise. Les objectifs stratégiques doivent s’aligner sur les pratiques  de  développement  du  PaaS.  Les  plans  opérationnels doivent s’aligner sur les règles de sécurité et d’infrastructure, etc. Équilibre, facteur humain et alignement : tels sont les ingrédients de l’informatique de demain.

Avec le PaaS, la DSI n’est plus seul maître à bord

Les utilisateurs ont un rôle capital à jouer pour  que  la  plate-forme PaaS  évolue en fonction de leurs exigences. Cette élasticité fait que les plates-formes PaaS ne connaissent virtuellement aucune limite. Et c’est là la recette de leur succès. Quelles que soient les ressources dont l’entreprise a besoin, il n’existe aucune restriction concrète à ce qu’elle peut obtenir sur  demande,  en  payant  uniquement  ce  dont  elle a effectivement besoin. La vraie question est de savoir ce qu’il est possible — et nécessaire — de faire avec une plate-forme PaaS.

La réponse à cette question soulève deux problèmes majeurs auxquels sont actuellement confrontés les professionnels de  l’informatique. Tout d’abord,  la  définition  même  de  cette technologie a souvent évolué au cours de l’année écoulée, à mesure que les entreprises développaient des solutions PaaS. À titre d’exemple, les plates-formes PaaS se mélangent aux infrastructures IaaS, et le PaaS se décline en différente moutures au nom barbare, telles que l’iPaaS (Integration PaaS), qui offre une capacité complète d’intégration des applications dans le  Cloud  ;  le  bpmPaaS  (business  process  management PaaS) qui permet d’exécuter des processus métier sur le Cloud ; ou encore l’aPaaS (Application PaaS), utilisé pour développer des applications. Viennent  ensuite  les  utilisateurs.  Qui  utilisera  le  PaaS,  et  dans  quel  but  ?  Qu’elle soit prête  ou  non,  le  PaaS  ouvre  l’informatique  de l’entreprise à  de  nouveaux  groupes  d’utilisateurs.  C’est  par  exemple le cas des « super-utilisateurs » qui ne font pas partie du service informatique, mais souhaitent créer leurs propres applications  ;  c’est  également  le  cas  des  «  développeurs citoyens » — comme les appelle Al Hilwa, analyste d’IDC — qui adoptent le PaaS pour créer des programmes dont personne n’entendra jamais parler.

Le PaaS est déjà bien installé dans le secteur informatique. En  2012,  le  cabinet  Gartner  évaluait ce marché mondial 1,2 milliards de dollars, au lieu de 900 millions en 2011. Ces chiffres peuvent sembler modestes, sachant  que  le  marché  mondial  des  services  hébergés, SaaS compris, totalisait 109 milliards de dollars en 2012 . Toutefois,  cette  technologie  étant  tout  à  fait  récente,  la taille du marché et les prévisions de croissance en disent long sur son potentiel de valeur ajoutée. Le  PaaS  peut être un formidable tremplin pour atteindre  aider une entreprise à atteindre ses  objectifs  métier.  En  constante évolution,  conviviale  pour  les  nouveaux  utilisateurs,  la plateforme  représente  la  dernière  roue  à  changer  sur  un bolide lancé à pleine allure.

Jérôme Minardi
Responsable des Alliances Europe du Sud
Progress Software

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